Oxalis est la médiatrice de dandelion. L’histoire d’Oxalis est un imaginaire auquel le collectif a recourt pour se définir auprès de son public: elle constitue un socle et un passé en commun, qui motive chacune des pratiques artistiques du collectif, nourrit sa vision, ses valeurs et le cadre dans lequel il agit. C’est dans la création, l’expérimentation et la réappropriation de l’espace public que dandelion inscrit son engagement auprès de la mission assignée par Oxalis.

 
 

 « Alors qu’ils se promenaient gaiement dans les vignes du Lavaux, cinq jeunes promeneurs firent la rencontre d’Oxalis, messagère d’un royaume lointain. Lorsqu’elle les intercepta, la petite fille était assise sur un muret au soleil, avec pour seul attribut un sac de graines. Elle cherchait là des promeneurs égarés à qui confier une mission de très grande importance. Le groupe de promeneurs écoutèrent son récit avec attention et émerveillement : les graines qu’elle transportait étaient celles du dent-de-lion, une plante originaire de son royaume, vivace et combattante qui tirait son nom du grec taraxacum. Taraxis « trouble » et akeomi « guérir » expliqua-t-elle, rappelaient les propriétés d’une fleur des champs, adventice des villes, guérisseuse et guerrière.

Elle voulait leur confier ces graines pour qu’ils les sèment plus loin, dans une ville qui serait capable de les accueillir sur son sol, qui les nourrisse et se laisse à son tour nourrir par leurs incroyables vertus. Sa ville natale, « très différente des villes que vous construisez dans vos contrées » affirma-t-elle, avait la particularité d’avoir été pensée et bâtie par les enfants. Tout était prévu pour leur garantir la plus grande jouissance du quotidien : le vert dominait sur le gris, seuls des murs qu’ils étaient possible de gravir facilement étaient placés ici et là, point comme frontières mais comme reliefs vivants de la surface de la terre, des plantes de toutes les couleurs ornaient les façades, tout était à hauteur de vue des enfants, soit jamais plus que un mètre vingt. « Pensez une seconde aux portes que vous construisez » dit Oxalis, « comment un enfant fait-il pour revendiquer une intimité s’il ne peut atteindre la poignée d’une porte et ainsi l’ouvrir ou la fermer à sa guise ? ». Les promeneurs la regardaient avec de grands yeux et se laissaient emporter par leur imagination. Comme cette ville devait être belle et ingénieuse !

Après qu’Oxalis eut terminé son récit, elle conclut d’un ton grave : « Jeunes gens, vous devez impérativement emmener ces graines à Bienne afin d’y semer le secret que nous cultivons depuis des millénaires dans mon royaume ! Car, je vous assure, la vie y est si douce ! Vous savez quelle est la raison de notre bonheur ? La liberté ! Petits et grands peuvent chacun et chacune jouir librement de la rue, elle appartient à tout le monde et à personne en même temps. » Les cinq promeneurs se regardèrent ébahis et se demandèrent « mais pourquoi Bienne ? ». La jeune messagère leur expliqua qu’un grand événement se préparait là-bas, une occasion rêvée pour eux de tester l’implantation de cette semence dans un contexte effervescent. Et ainsi naquit dandelion, l’entreprise ambitieuse de ces cinq promeneurs désormais porteurs du message d’Oxalis. »

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