Robert Walser Jour 21

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On en parle à du monde, à ce monde, au monde: Je reviens à la Robert Walser Sculpture après une semaine d’absence avec une joie et une curiosité débordante. J’ai tellement hâte de découvrir les ajouts, le développement du projet, l’éclosion de l’espace. En effet, notre ambassade rayonne, et je suis ravie de la scruter pour y découvrir la multitude de détails qui s’y sont apposés. Le plafond revêt désormais des citations: IT IS NOT DONW ON ANY MAP, TRUE PLACES NEVER ARE! (une de mes favorites de Melville). Le reflet que cela renvoit par rapport à la carte de Bienne au sol, est plutôt cocasse et pertinent. D’autres revendications écrites sont apparues: LE DROIT à L’ENNUI, SIESTE REFLEXIVE LECTURE PARTICIPATIVE ENNUI VOLONTARISTE, tout cela me paraît hyper logique, et la citation de la promenade de Robert Walser rappelle l’importance de la déambulation, de la curiosité, des pensées qui en naissent, des « phénomènes précieux qui en abondent » . Cette citation particulièrement m’apparaît comme un phare, à hauteur de regard, qui lorsque l’on relève la tête de nos travaux placés plus bas dans l’espace pour la plupart, nous rappellera le nord, l’ancrage et les fondamentaux de notre vision.

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La passation se fait très fluidement avec Charles et Yves. A peine installés pour discuter, un journaliste du Courrier nous aborde et cela tombe très bien, il a envie d’une présentation, d’un récapitulatif et moi j’ai besoin d’une mise à jour. On lui offre un panorama en théories et histoires de notre engagement ici. Charles lit son texte à paraître dimanche dans le journal sur les marches rondes, dont je trouve l’idée excellente. Puis, notre Rdv à 14h au studio télé débute. Tous trois nous avons ramené des objets, l’anarchive, une fleur jaune, un ballon, un kit, des panneaux, et on se sent tout de suite plus à l’aise ainsi entourés de notre petit microcosme. La discussion dure 25 minutes, durant lesquelles il est question de l’évolution de nos objectifs, du potentiel déplacement de nos attentes, de notre rapport au public, à l’accueil public et la production artistique. Ainsi devant la caméra, avec tout de même ce petit quelque chose de formalisant, la discussion est très dense et riche de questionnements. On résout aussi la question de cette programmation d’expédition urbaines tous les jours pairs. Jusqu’à présent, nous n’avons pas rencontré beaucoup de succès avec cette méthodologie, puisque nous ne sommes que rarement partis en expédition avec des enfants. Ce qui est génial, c’est que cela nous permet ainsi de discuter nos méthodes, et remettre en question la rigueur que l’on s’est imposé. Est-elle nécessaire? Est-elle profitable? La conclusion que nous atteignons est que l’exigence du cahier de bord est absolument souhaitable et nous permet un récit narratif et réflexif à l’échelle de chaque jour, qui donne un rythme critique très prolifique. En revanche, l’exigence de l’expédition urbaine n’a pas cette qualité, et doit donc être repensée. Désormais, nous concluons qu’il serait plus intéressant de déclencher des expéditions lorsque l’envie se manifeste, de l’extérieur ou de l’intérieur du collectif. Nous pourrons donc aller chercher des personnes directement, éventuellement fixer un RDV avec les intéressés, et voir où cela nous mène. Je me réjouis beaucoup que nous nous rapprochions de cette idée de non-programmation qui fait écho à nos recherches sur l’anarchismes et le désordre.

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Charles part pour Genève, pour une nuit, demain il sera à Avignon. Grace est à Los Angeles, Lore à la montagne et je reviens à peine de Paris. Yves tient le flambeau ici depuis plus d’une semaine. Je nous ressens réellement comme ces pistils qui s’envolent du pissenlit en phase de maturité, portés par le vent pour atterrir dans de nouveaux microcosmes. Solidement liés par notre réseau de racines communes, chacun puise dans ce terreau biennois des nutriments vitaux et fortifiants!

Collectif Dandelion