Robert Walser Jour 01

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“Le Baptême”

Par Charles

Nous arrivons tous chacun de notre côté. Yves vient en voiture pour ramener la caisse en métal et le matelas. Je ramène le chariot et toutes nos ressources papier plié à la va-vite au lendemain des jury d’école. Delphine arrivera la première vers 9h45. Yves et moi arrivons à 10h30 à 5 minutes d’intervalle. Puis Lore et ensuite Grace.

Quand nous nous trouvons enfin tous ensemble, nous ne rayonnons pas d’énergie. Certains malades, d’autres tristes et sûrement tous fatigués. L’aventure commence pourtant bel et bien et nous installons tranquillement l’ambassade, empêtré dans nos sacs et valises.

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L’énergie fait défaut mais la détermination nous tiens. Nous tenons là notre première réunion de travail assis autour de l’Anarchive qui nous sert de table.

Des gens circulent en permanence et cherchent dans chaque recoin s’il n’y aurait pas quelque chose à regarder. Assez vite, nous décidons de reprendre notre méthode de travail des chantiers pour se répartir les tâches. Nous fixons deux réunions collectives par jour, une le matin à 10h, l’autre à 17h. Puis nous nous mettons chacun au travail, certains seuls, les autres en binôme.

Le travail est rythmé par des personnes qui s’arrêtent discuter, j’apprends vite à essayer de continuer à peindre en discutant, afin de ne pas couper mon travail. J’ai pu aussi profiter de faire un tour de la Robert Walser Sculpture. Une multitude de petits pavillons s’enchaînent. Sur les murs une quantité immense d’information dure à assimiler, tantôt en français, tantôt en allemand.

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Le travail est rythmé par des personnes qui s’arrêtent discuter, j’apprends vite à essayer de continuer à peindre en discutant, afin de ne pas couper mon travail. J’ai pu aussi profiter de faire un tour de la Robert Walser Sculpture. Une multitude de petits pavillons s’enchaînent. Sur les murs une quantité immense d’information dure à assimiler, tantôt en français, tantôt en allemand.

Dans chaque pavillons, des gens sont au travail. Le journal s’imprime, des enfants peignent, d’autres jouent aux échecs. Et toujours déambulent dans cette petite machine en route, des badauds au pas lent qui scrutent le visage impassible. Je rencontre beaucoup de gens avec qui je vais passer l’été. Je pense que c’est une des choses les plus réjouissantes de la journée. Pleins de petits liens qui naissent. Le travail avance bien. En fin d’après-midi, Delphine, Lore et Grace partent à l’appartement. Nous restons avec Yves à finir la peinture du chariot, ranger l’ambassade et profiter de l’ambiance de la journée qui s’achève.

Vers 18h30, alors que nous étions en train de finir de ranger, une tempête s’abat sur Bienne. D’abord des tourbillons de vent emportent des morceaux de polystyrène minuscules partout, jusque dans mes poches. Il semble neiger. Puis, sans un seul moment de répit une pluie dense s’abat sur la Robert Walser Sculpture, suivi de l’orage qui gronde. Je vois Thomas, en face, un mégaphone à la main qui dit : « évacuez, allez dans la gare, évacuez ! »

Tout le monde se retrouve à l’entrée de la gare, trempé, le sourire aux lèvres. Certains ont encore un verre à la main. La Robert Walser Sculpture est baptisée. Comme Mamadou l’a dit « il faut remercier le bon Dieu pour ça ».

Collectif Dandelion