Robert Walser Jour 06

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Yacin est parti en train planter des graines de dandelion à Neuchâtel.

PART 1 par Charles

C’est mon dernier jour avant le départ. C’est une riche journée ou j’ai le sentiment que certaines graines d’idées ont enfin pris formes et racines. Le matin, nous nous sommes engagés dans mille et un chantier pour finalement nous calmer. « c’est un festival, profitons! » Profitons de cette conférence, ralentissons la machine, on reconnait mieux quelqu’un à son mouvement sa démarche, que quand on regarde ses mains, l’écriture c’est pareil. Avant d’être des mots, c’est un mouvement, des rythmes. Damion Searls est traducteur allemand vers l’anglais, c’est lui qui du mouvement plein les mains et la bouche nous parle de Robert Walser et des arabesques. La pluie commence doucement à tomber du ciel. Nous nous serrons sous l’abri. Puis, l’après-midi : ENFANTS. Expédition prévue à 14h.

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Peu avant l’heure, la Robert Walser sculpture est quasi vide. Bridel nous annonce au mégaphone mais personne ne vient. C’est là que nous rencontrons Yacin, il court partout dans la sculpture en attendant sa mère qui fait des courses. Nous lui proposons de venir en expédition pour planter des graines « mais il faut de la terre ! ». oui, et pour ça il faut sortir de la sculpture et on ne peut pas prendre cette initiative sans en informer sa mère. Nous retardons notre départ en espérant partir en expédition avec Yacin qui est prêt à y aller. Sa mère est d’un autre avis, ils ont un train à prendre, et les trains ça n’attend pas!

Nous confions alors quelques graines de dandelions à Yacin pour qu’il les plante à Neuchâtel. Il connait déjà l’endroit parfait pour cela. « tu nous raconteras où tu l’auras planté! » lui dit-on comme un aurevoir.

Nous partons donc seuls en expédition, Delphine, Grace et moi. C’est là que le chemin de Georges Henri le bouffon est né. Nous prenons plaisir à nous laisser guider par le récit qui se construit sous nos pas. Nous découvrons un lieu qui se nommera Todo Verde.

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PART 2 par Delphine

Georges Henri c’est le nom d’un homme qui se trouve sur un mur de la Robert Walser Sculpture, c’est de là que c’est parti. A droite, en tournant la tête: notfal, ce qui veut dire accident en allemand. Et voilà les dés sont jetés, Georges Henri a-t-il fait un accident? Est-il malade? Souffrant? De quoi doit-il guérir? Où peut-il trouver de l’aide? Une cure? Alors on se retrouve à pister le bus numéro 5 qui va à l’hôpital, planter des graines de dandelion sur un rondpoint et finir par atterrir dans un coin de verdure extraordinaire et bien caché, droit derrière la prison de 15 cellules de Bienne. Il y a des fleurs partout, un chemin bucolique qui mène vers une sorte de petite clairière humide et tapissée de mousse, de glands et de fraises des bois. Quel trésor!

Nous réalisons que la balade qui vient de nous mener jusqu’ici est fondamentale. Nos premières sorties vont nous faire découvrir des lieux qui vont devenir des refuges, des lieux pour faire des activités, ou juste respirer et faire la sieste. Nous nous découvrons donc encore une casquette: faiseurs de sentiers. Effectivement en ouvrant ces chemins, nous activons tout un terrain de jeu qui va se raffiner au fil des semaines.

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Le retour: Grace et Charles racontent l’histoire toute neuve, ils font le chemin sur la carte. Et c’est une première: l’histoire qui se ramifie et grimpe le long du mur de notre ambassade fait le lien entre la carte objective et la carte subjective. C’est un moment clé hyper important. De plus, il y avait beaucoup de monde à ce moment-là, et tous étaient curieux. Les enfants présents se sont tout de suite arrêtés et ont été happés par la carte. Le fait de dessiner et scruter la carte au sol à ce niveau sonnait comme une invitation en soi. Tendre un marqueur et un rouleau de scotch suffisait pour les inviter à participer. Notre découverte majeure, c’est ce point d’entrée par l’histoire.

Le switch est jouissif, nous ne racontons plus le discours d’ouverture protocolaire mais racontons l’histoire de Georges Henri le bouffon. Oxalys, GH le B… les histoires c’est ça qui va vraisemblablement parler aux gens et permettre à nos légendes de se diffuser. Nous sommes heureux d’avoir pu casser le formalisme de la présentation: Georges Henri le bouffon c’est celui que nous avons utilisé aujourd’hui, demain ce sera un autre.

Collectif Dandelion