Robert Walser Jour 02

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“Tapisserie évolutive”

Par Lore

Le deuxième jour a commencé par une bonne heure de nettoyage : le sagex (utilisé pour la production d’œuvres sur la structure) a été emporté par les vents tempétueux de la veille et infiltré tous les espaces de la Robert Walser. Même les rues avoisinantes ont eu droit à la pluie de sagex. Malheureux dommage écologique collatéral !

Le briefing du matin a ramené notre attention sur les chantiers amorcés la veille et nous avons tous repris le travail. La réunion a aussi amené une importante réflexion sur l’aménagement de l’ambassade. Comment optimiser l’espace, petit, et prendre de l’espace alors que nous nous trouvons dans le virage de la rampe pour personnes handicapées ? Nous nous sommes souvenu de nos premières intentions : installer au sol une carte objective de Bienne, et sur les murs, une carte subjective et évolutive de la ville, fruit de nos expéditions urbaines et productions artistiques. Pour cela il nous faudra délimiter jusqu’où s’étend le territoire dandelion et l’investir matériellement sans pour autant empêcher le passage obligés des chaises roulantes ! Nous avons donc pensé à un « tapis », à la mode Thomas Hirschhorn. Charles et moi avons récupéré du carton chez Jenna qu’on a découpé, disposé et scotché au sol. Sur ce carton viendra la carte objective de Bienne et de là pourront pousser les racines de dandelion. Je réalise en bricolant le tapis que nous sommes le seul pavillon encore en construction, les autres se sont installés avant le 15 juin et sont maintenant davantage dans une fonction de représentation. Notre démarche évolutive de recherche-action nous mènera sûrement à construire, déconstruire et réaménager l’espace tout l’été ! J’en suis très heureuse et les visiteur-ses aussi : notre mise en action attise beaucoup de curiosité et d’intérêt.

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Pendant que nous travaillons, une lecture publique débute. Nous sommes à côté du forum alors, qu’on le veuille ou non, nous serons le premier public de toutes les manifestations. Parfois plus intéressé, parfois… moins. Allemand et expérimentations sonores. Audibilité variable. Mais je suis d’accord avec toi Charles, ce qui rend cette expérience si riche ici ce sont les petites interactions, les liens qui se nouent sur ce grand navire entre chacun-e, résidents et/ou visiteurs. Pendant que l’invité du forum performait sa lecture au micro de manière très solennelle et maitrisée, était assis à ses côtés un homme dénué d’activité ou d’utilité, pourrait-on dire, sur la scène. Mais au fond, il était d’une grande importance. En tout cas sa présence n’était pas anodine car elle montre la qualité du travail d’Hirschhorn de faire se mélanger des gens de tous les horizons dans un espace neutre, propice à la proximité et aux échanges. Ce monsieur « inutile » s’est levé en milieu de lecture, et a tapé affectueusement sur l’épaule de l’invité lecteur avant de quitter la scène avec beaucoup de naturel. Sourires partagés face à cette seconde de grâce, comme l’appellerait sûrement Simone Weil.

A 14h, je suis partie avec Yves, Delphine et Grace en expédition urbaine, respectant la routine instaurée selon laquelle nous irons nous promener chaque jour pair à 14h, seuls ou accompagnés. Nous avons testé sur nous de nouvelles pistes pour découvrir la ville que nous connaissons encore très peu. Pleins de bonnes idées en sont nées. Pour plus de détails, se référer à la fiche d’expédition que nous avons remplie en rentrant !

Pendant ce temps, Charles s’est laissé embarqué par Mamadou, notre logeur et chargé de la cantine sur la Robert Walser, dans une fête de départ d’un ami sénégalais. Tu nous raconteras ça la prochaine fois que tu prends le cahier, Charles !

A 17h45 il est déjà l’heure pour moi de prendre le train pour Lausanne. Je me surprend à vouloir rester plus longtemps sur le navire, mais pas le choix ! Et puis, heureusement, je reviens demain matin !

Collectif Dandelion